Paris, 13 novembre 2015...

dimanche 15 novembre 2015


Difficile de passer sous silence les terribles évènements qui viennent de se produire. L'année se termine comme elle avait commencé : dans l'horreur et dans le sang, dans les larmes, l'incompréhension, la colère, l'impuissance et la peur. Difficile de croire que cela recommence, et pourtant...


La journée avait été plutôt agréable, classique, comme un vendredi. De retour du boulot, je grignote un peu et prends une bonne douche avant de me détendre sur le canapé tout en m'appliquant à refaire le visuel du blog. Mon homme allume la télé, match France-Allemagne. Pour ma part je ne regarde que d'un oeil, voir d'un demi-oeil. 
Puis il y a eu un BOUM, et un second. Des pétards, ça arrive souvent pendant les matches. A ce moment là, on ne se doute absolument de rien.  Mais dès la fin de la rencontre, le commentateur nous annonce que des évènements de grande importance sont en train de se dérouler dans Paris, en ce moment même. Flash spécial. Et là on a su... Dès lors, on a suivi les choses, en direct, avec effroi...

Horrifiés mais en sécurité chez nous, derrière un écran, alors que des centaines de malheureuses personnes vivaient leurs derniers instants sous le joug de kalachnikovs et de grenades.
Des gens venus manger, boire un verre, écouter de la musique. Des femmes, des hommes et des enfants venus profiter de ce début de weekend ou tout simplement là au mauvais endroit au mauvais moment ont été sauvagement assassinés.

Des gens qui le matin même, pensaient pouvoir profiter de leur weekend. Certains allaient l'entamer avec un chouette concert, d'autres avaient rendez-vous à la terrasse d'un café, au restaurant. Peut-être se réjouissait-ils de leur journée sur Facebook, peut-être ont-ils Instagrammé ce qui serait leur dernier repas, leur dernier verre, leur dernier concert... Ils ne savaient pas qu'ils allaient mourir, en tout cas pas de cette façon, pas dans cette violence, pas ce soir là...

Je pense beaucoup à ces personnes enfermées dans le Bataclan. Prisonnières, piégées comme des proies. Je n'ose même pas imaginer la terreur et l'effroi qu'elles ont du ressentir. Allait-on les épargner ou était-ce la fin ? Allait-on leur venir en aide ? Dans combien de temps ? Quelles ont été leurs dernières pensées, leurs derniers mots ? Peut-être on-t-elles vu leur ami, leur femme, leur proche tomber sous les balles devant leurs yeux.
Comment auraient-elles pu s'imaginer que ce moment de détente allait se transformer en un véritable enfer et que certaines d'entre elles ne ressortiraient jamais vivantes de cette salle ?

C'est terrible... terrible... Je n'arrive même pas à exprimer ce que je ressens. 

Ça peut paraitre étrange de dire cela, mais cette fois-ci, les évènements me touchent bien plus que ceux du mois de janvier. Ne me demandez pas pourquoi, moi-même je ne le sais pas, car ce qui s'est passé en début d'année est tout aussi horrible que ce qui s'est passé vendredi.
Mais là, dans une moindre mesure bien sûr, je me sens aussi en quelque sorte victime. N'importe qui aurait pu être là bas : vous, moi, un proche, un ami... Ce n'est plus là-bas, dans ces pays qui nous semblent malgré tout lointains que ça arrive. Maintenant c'est ici, chez nous que ces terroristes viennent nous toucher, nous briser et nous atteindre dans notre quotidien, dans nos festivités.
Et ça fait froid dans le dos. 

La vie devra continuer malgré tout, doucement. Même s'il semble indélicat de la reprendre exactement là où on l'avait laissée. 
Est-ce que ce qui vient de se passer sera amené à se répéter ? A faire partie de notre quotidien ? Devons-nous désormais vivre avec cette crainte ?

Aux 129 personnes qui ont péri dans ces attaques, aux 350 personnes blessées.
Aux forces de l'ordre et aux corps médical et qui ont œuvré et qui œuvrent encore.

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